[RACONTEZ-NOUS VOTRE ADEC] Melvin Coppalle

Souvenirs

Pour les 50 ans de l'ADEC, vos souvenirs en cadeau !

Pour les 50 ans de l'association, vous nous racontez votre ADEC !

Retrouvez les souvenirs de Melvin Coppalle, ancien Arène Théâtre, chorégraphe-metteur en scène de la compagnie Izanami, en témoignage audio !

"Le butô (bu : danse, tô : frapper ou fouler le sol) :

Art émergeant au début des années 60 au Japon, le butô est né de l'esprit de ses créateurs Tatsumi Hijikata et Kazuo Ôno. Le point de départ est une "révolte de la chair" par Hijikata, ce dernier proposant alors un corps défait des codes trop stricts qui le bridaient jusque là dans les autres arts japonais (le nô ou le kabuki par exemple).

Le butô se déploie dans un contexte japonais de l'après-guerre. L'américanisation brutale de la société, ou encore la perte de repères d'une jeunesse se sentant trahie par son gouvernement, sont deux des exemples qui impulsent les premiers mouvements underground avant-gardistes, permettant alors à une nouvelle forme d'art de naître. Le butô est également hautement influencé par la littérature et les arts européens comme la danse expressionniste allemande, la peinture de Bacon ou encore les écrits du Marquis de Sade, d'Antonin Artaud, de Georges Bataille ou de Jean Genet.
En France, terre d'accueil du butô, on découvre cet art surtout à partir des années 70. C'est alors qu'une forme esthétique récurrente commence à faire son chemin dans les esprits : celle d'un corps grimaçant maquillé de blanc (shiro nuri), au crâne rasé et à la gestuelle lente et saccadée. Le fantasme et les fascinations rapprocheront également, à tort, les événements de Hiroshima et Nagazaki au butô.

Cependant cet art, plus qu'une danse, se veut être défenseur d'un certain état d'esprit, et une manière de concevoir le corps en jeu. Le butô explore diverses thématiques récurrentes telles que le temps, l'enfance, la vieillesse, la mémoire ou encore le chaos. Enfin, il n'existe pas un butô, mais des butôs. Chaque interprète ayant sa façon de danser (et d'explorer) son propre butô.

Pour en savoir plus : Melvin Coppalle, BUTÔ(S) : une esthétique hybride et évolutive - Analyse d’un courant en perpétuelle évolution, 2019."